Brigitte Malou

Domaine des Grottes de Han

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PME touristique en plein renouveau, le Domaine des Grottes de Han voit l'avenir de manière sereine grâce à une politique pertinente d'investissements.

Objectif : un demi-million de visiteurs !

"Édouard de Spandl était un gentilhomme de la région passionné de nature, de spéléologie, et d'archéologie. C'est à lui que nous devons les grottes de Han", raconte sa lointaine descendante Brigitte Malou, administratrice de la SA Grottes de Han et de Rochefort. À la base avocate d'entreprise, elle a fait toute sa carrière dans l'industrie avant de rejoindre le secteur du tourisme au début des années 2010.

"Édouard de Spandl avait décidé d'acheter l'ensemble du domaine en 1856. Il avait déjà l'idée de l'ouvrir au public, ce qui était une nouveauté incroyable pour l'époque, explique-t-elle. Le concept même de créer une entreprise touristique était inédit, terriblement précurseur. Pour dire vrai, le mot tourisme n'existait pas. Fallait-il encore aménager les lieux pour les rendre accessibles...

La suite aura été d'engager des guides et de faire de la publicité. De magnifiques affiches Art nouveau ont ainsi été publiées à l'époque. Édouard de Spandl a également eu l'idée de génie de faire venir un photographe avec d'énormes batteries pour prendre les premières photos souterraines du monde."

La belle équipe !

La société anonyme des Grottes de Han était créée 40 ans plus tard. Et aujourd'hui, que représente-t-elle en termes d'emplois et de chiffre d'affaires ?

"Nous employons 75 équivalents temps plein, contre une cinquantaine il y a à peine cinq ans", répond la patronne positive. Outre la trentaine d'employés permanents, il y a évidemment beaucoup de saisonniers et d'étudiants durant la période d'ouverture des grottes, des vacances de Pâques à la Toussaint. C'est une véritable équipe pluridisciplinaire qui œuvre en bord de Lesse. Des personnes sont actives dans la maintenance du parc animalier, des souterrains, du charroi... L'entreprise touristique a besoin de professionnels aux compétences de mécanique, de menuiserie, d'électricité... Les ressources internes sont employées au maximum.

À l'instar des grottes, le domaine et son parc animalier sauvage tirent leur épingle du jeu. "La grotte, c'est le bijou ; le domaine, son écrin, insiste Brigitte Malou. L'histoire de ce parc est intéressante. Il a été ouvert en 1970. Il a été créé sous la pression d'un habitant du village qui voulait absolument préserver l'écrin, car de plus en plus de touristes affluaient vers la grotte. Le parc animalier fait aujourd'hui partie de notre ADN et participe au succès de l'ensemble de la structure."

Le chiffre d'affaires de la société est de 6 millions d'euros, en croissance. Et Brigitte Malou d'ajouter : "Nous développons les activités depuis plusieurs années. Nous avons investi dans des améliorations et nous communiquons à fond vers le grand public. Nous avons également ouvert la salle des Draperies. Quand j'ai repris les rênes de l'entreprise en 2011, j'ai discuté avec mes équipes et la réouverture de cette grotte est apparue comme une évidence. Elle avait été abandonnée pour diverses raisons. Elle jouit à présent d'un éclairage LED. Ce premier développement a fait parler de nous. Ce qui a aussi participé à notre essor, c'est l'ouverture du parc aux visites pédestres. Il s'agit d'une tout autre expérience que la visite en safari-car. Les visiteurs ressentent la beauté des lieux. Ils prennent le temps, à pied, de vivre une expérience avec la nature et les animaux. Le parc est aujourd'hui bénéfique à la grotte et inversement. Nous sommes dans une dynamique positive."

Tout n'a pas toujours été rose. La société a connu des années difficiles vers 2010. Mais elle a fait le pari de se retrousser les manches. "Ces dernières années, nous avons investi quasiment 1 million d'euros pour améliorer la qualité. Nous investissons plus que notre cash-flow. Nous savons que le potentiel est là, avance Brigitte Malou. L'éclairage moderne de la grotte est un énorme projet. Nous pouvons désormais nous appuyer sur la technologie LED qui met en valeur de manière extraordinaire les beautés de la nature souterraine. Nous travaillons tronçon par tronçon. Nous allons ajouter à cette technologie des effets d'imagerie et de scénarisation." Notons que l'éclairage LED a l'avantage d'être plus proche de la lumière naturelle. Il est aussi plus respectueux de l'environnement puisqu'il ne dégage pas de chaleur. Il demande en outre moins d'entretien.

Utile quand il y a des dizaines de points lumineux à surveiller et qu'il faut parfois des "acrobates" pour les atteindre !

L'avenir de l'entreprise ? "Nous voulons continuer à accueillir davantage de visiteurs, conclut Brigitte Malou. Nous étions tombés à 250.000 par an, nous atteignons aujourd'hui les 330.000 (dont 60 % de Belges, 15 % de Français et 15 % de Néerlandais). Notre objectif est de compter un demi-million de visiteurs d'ici cinq ans. Et nous sommes plus que jamais ouverts au monde de l'entreprise. Il est possible de louer la grotte ou le domaine pour des événements privés."

Les investissements et les nouveautés vont donc se poursuivre à un rythme soutenu. Cette saison, l'actualité sera l'ouverture de la "grotte du Père Noël" (ainsi nommée car découverte le 26 décembre 1954). Elle n'était jusqu'ici accessible qu'aux spéléologues et scientifiques autorisés. Elle s'ouvre désormais au public, à la fois aux familles et à certains groupes de manière plus exclusive afin de vivre un "safari souterrain".